Portrait Valérie Docher

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Valérie Docher (PGM 2006), Responsable de l’ONG Medical Refresher Courses for Afghans (MRCA) 

Management et contrôle de gestion prennent un sens profondément humain, dans un secteur en voie de professionnalisation

Valérie Docher

 

  • Depuis trois ans, Valérie Docher (PGM 2006) travaille dans le domaine de la santé en Afghanistan, à raison d'un mois sur place tous les deux mois au sein de MRCA, Organisation Non Gouvernementale implantée dans ce pays depuis 27 ans, donc bien avant l'intervention des armées internationales. Particularité de cette ONG, elle ne compte que trois expatriés sur place (un responsable financier, un responsable logistique et un chef de mission), tous les autres personnels étant afghans. « Tout en évoluant vers l'humanitaire, explique Valérie Docher, j'ai conservé mon métier. Je fais du management et de la gestion ».

Pourquoi l'humanitaire ? Et pourquoi l'Afghanistan ?

  • Mon parcours avait commencé d'une façon classique avec, notamment, un poste de Responsable de production dans une société d'impression personnalisée en numérique (150 personnes), implantée sur trois sites à Saint-Etienne. Parallèlement, je suivais le PGM à EMLYON. Très tôt, j'avais ressenti le besoin d'évoluer dans un environnement professionnel qui prenne pleinement en compte les aspects humains et sociaux. C'est à cette époque que j'ai eu la possibilité d'effectuer un master 2 lié à l'humanitaire à la Faculté de médecine tropicale de Liverpool. Mon mémoire portait sur les besoins en termes de santé et de prise en charge des enfants handicapés mentaux au Mozambique. S'en sont suivies une opportunité de mission de consultante à Djakarta (Indonésie), dans le cadre de l'ONU, puis une mission de six mois en Afghanistan pour Handicap International. C'est lors de ce premier contact avec ce pays que j'ai noué des liens très positifs avec les membres de l'ONG au sein de laquelle je travaille aujourd'hui.

MRCA intervient uniquement en Afghanistan, et seulement dans le domaine de la santé ?

  • Oui. L'ONG est implantée dans ce pays depuis près de 30 ans et emploie essentiellement du personnel afghan. Nous ne prenons aucune position politique et nous travaillons uniquement dans le service de santé aux personnes et les soins. Même si l'ONG est peu connue sur la scène internationale, la population afghane, elle, nous connaît bien. Personnellement, et sur la base de mon expérience dans le privé en France, je continue d'exercer mon métier : je gère une ONG de 500 personnes, 36 hôpitaux et une école de sage-femmes (créée par MRCA) dont nous venons de fêter la quatrième promotion dans la province du Logar et dont sont déjà sorties une centaine de sage-femmes, avec une formation de 26 mois après le bac. De même en Kapisa, nous venons de créer une école d'infirmières avec 30 étudiantes.
  • Concernant les personnels de santé dans les campagnes, nous formons des binômes (un homme, une femme), même illettrés, à des gestes d'hygiène et de soins basiques, au planning familial, à la reconnaissance des symptômes dangereux, etc. L'accès aux écoles est limité mais nous pouvons tout de même employer les capacités locales au maximum. Dans les villes, les hommes et femmes disposent de niveaux scolaires suffisants pour recevoir des formations. Des universités forment des personnels qualifiés que nous pouvons recruter pour les hôpitaux.
  • Nous nous adaptons autant que possible aux mentalités : les femmes soignent les femmes et les enfants. Il n'y pas de gynécologue masculin mais une césarienne peut être pratiquée par un chirurgien. Par ailleurs, nous avons des kinés masculins et féminins, et les hommes peuvent pratiquer sur des femmes habillées et accompagnées.
  • Les grilles de salaires des personnels de santé sont, elles, fixées par le ministère de la Santé afghan.

Ne craignez-vous pas un changement de régime après le départ des armées internationales ?

  • Quel que soit le régime, notre métier est de soigner. Notre neutralité politique est primordiale pour la sécurité de tous. L'ONG est implantée depuis près de 30 ans et les gens nous connaissent. Néanmoins, l'Afghanistan souffre beaucoup de la corruption.

D'où proviennent vos fonds ?

  • Essentiellement de donateurs institutionnels : l'Union Européenne, le ministère français des Affaires étrangères, les ambassades et notamment celle de la République tchèque... Globalement, je pratique le même métier qu'avant mon arrivée dans l'humanitaire : je gère des personnes, des budgets, avec un souci de rentabilité et d'efficacité, certes, mais avec un but assez différent qui est d'aider la population afghane et de tenter de sauver des vies.