[INTERVIEW Magazine MANAGEMENT] : "Nous sommes une école de la transformation"

06 SEPTEMBRE 2018

Le magazine "Management" est venu interroger Emmanuel Clement-Mondolini, directeur de la digitalisation pédagogique au sujet des formations continues de emlyon business school.

 

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Management : emlyon se distingue par son approche pédagogique. Comment la définiriez-vous ?

E. C-M. : Notre pédagogie a effectivement beaucoup évolué. D’une école de formation, nous sommes devenus une école de la transformation, centrée sur une volonté : accompagner les entreprises, les dirigeants, les managers, les chefs de projets vers leurs objectifs. Notre ambition est de développer chez les participants leurs aptitudes d’« early makers », c’est-à-dire faire émerger des compétences qui leur permettent de saisir des opportunités, de se confronter au réel. Pour cela, notre pédagogie est plus ouverte, connectée, collaborative et laisse une grande place aux interactions. Elle dépasse largement les murs d’une salle de cours. Cette philosophie est illustrée par les early makers projects, grâce auxquels chaque participant à l’Executive MBA met en oeuvre les compétences acquises dans une réalisation concrète.

 

Comment cela se traduit-il ?

E. C-M. : Une partie de notre approche est fondée sur l’« action learning ». Il s’agit de se former par la pratique, d’apprendre en faisant. C’est une pédagogie active, qui accélère le passage à l’action. Les formes d’apprentissage sont variées et complémentaires : mobile-learning, blended, e-learning ou encore gamification. À titre d’exemple, le Programme Général de Management intègre un serious game, au cours duquel les participants sont confrontés aux conséquences réelles de leurs décisions sur la vie d’une entreprise. 

En quoi le tout nouveau campus parisien d’emlyon matérialise-t-il votre approche ?

E. C-M. : Implanté au coeur de Paris, ce campus symbolise ce que l’école veut être : un « hub », un lieu de rencontre entre les acteurs du changement : tous nos étudiants, les professeurs, les entreprises, mais aussi les start-up de notre incubateur. C’est un espace dynamique, où tous peuvent se retrouver, se ressourcer, échanger et faire grandir leurs projets. L’organisation de l’espace est très différente de celle d’une école classique. 

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Comment est-il distribué ?

E. C-M. : Il y a, entre autres, des « brain bubbles » pour échanger, des « silent rooms » pour réfléchir, des espaces dédiés à l’enseignement... Si je ne devais en citer qu’un, je parlerais du « makers lab », un lieu d’innovation où conceptualiser une idée, la prototyper, mettre en place un plan projet et modéliser en 2D ou en 3D est possible. C’est le lieu de la concrétisation par excellence. Mais une fois encore, l’apprentissage sort des murs et se poursuit en ligne.

De quelle manière ?

E. C-M. : Nos étudiants utilisent largement des outils digitaux qui leur permettent d’avancer même à distance : nous avons une bibliothèque numérique (learning hub), des MOOC, ou par exemple notre application mobile Makers Match, qui facilite le peer learning en permettant l’identifi cation de l’interlocuteur dans la communauté emlyon disposant des compétences recherchées. Dans la continuité de notre partenariat avec IBM, nous analysons l’impact de l’intelligence artificielle dans l’éducation, et nous mettons le digital au service de notre pédagogie, afin d’aider les participants à apprendre de manière plus efficace.

L’implantation d’un campus parisien, pour l’emlyon, c’est la marque d’une légitimité internationale ?

E. C-M. : Il augmente notre connexion au monde, tout comme le développement de nos campus internationaux : après Casablanca et Shanghai, c’est en Inde que nous nous installons. Nous avons aussi choisi comme référence les meilleurs standards mondiaux et sommes l’une des rares écoles dans le monde à bénéficier d’une triple accréditation AMBA, AACSB et EQUIS.