De l’identification du besoin à la première session : La formation sur-mesure en questions

11 JUILLET 2016

Les formations “Intra” c’était avant. Aujourd’hui, on parle de formations sur-mesure voire de co-design ou de co-construction de formation.

 

L’élaboration commune entre business school et entreprise d’un programme de formation pose question. Pour sortir du mythe et des idées reçues voici un “Vrai — Faux” issu d’une interview avec Enrique Nunes, Professeur de management stratégique à emlyon business school et responsable pédagogique de nombreuses formations sur-mesure.

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  • Une formation sur-mesure commence par un appel d’offres. FAUX

Le recours à la formation sur-mesure est avant tout un constat business. C’est l’identification d’un besoin ou l’existence d’un comportement qui demain ne sera plus adapté qui crée la demande. Le point de départ en entreprise est la prise de conscience. Mais, il est vrai que la réponse à l’appel d’offres signe le commencement de la co-construction avec l’école.

 

  • Il y aurait une étape clé mais invisible entre l’appel d’offres et votre réponse ? VRAI

Le besoin de formation est une demande sophistiquée qui émane du business dans un contexte précis. Les RH transcrivent cette demande en appel d’offres ou bien nous contactent directement. Mais, entre ce qui est écrit noir sur blanc dans le brief, et notre réponse, il y a une étape majeure : comprendre le pourquoi et le contexte de la demande. C’est dans cette étape que les réponses se trouvent. L’ingénierie pédagogique commence à ce stade.

 

Aujourd’hui, on parle de formations sur-mesure voire de co-design ou de coconstruction de formation

 

  • On imagine que la co-construction est bipartite. Mais c’est inexact. Cela ressemble plutôt à un trio entre emlyon business school, les RH et l’exécutif de l’entreprise. FAUX

Nous formons un duo avec les RH c’est eux qui mènent l’enquête au coeur du business. Les RH sortent de leur zone de confort, nous les accompagnons. Ce qui compte c’est la qualité du questionnement. Mais, là où cela devient intéressant, c’est que cette demande fondamentale n’est pas nécessairement claire pour l’exécutif non plus. De la capacité à cerner la demande réelle découle la réponse pertinente. On ne peut s’en tenir aux symptômes, il nous faut un diagnostic. Ensuite le traitement tombe comme une évidence. La formation ne sera “sur-mesure” qu’à la fin du processus.

 

  • N’est-ce pas un peu trop ? Vous demandez un effort conséquent aux entreprises. VRAI

C’est vrai, mais c’est aussi la beauté du métier. Paradoxalement, ce travail d’identification des problématiques est — in fine — très gratifiant pour nos interlocuteurs RH et business. C’est eux qui en témoignent !

 

  • Une fois que vous êtes bien d’accord sur les attentes réelles, le programme tombe non ? La formation peut commencer. VRAI et FAUX

VRAI : Une fois que l’on s’est bien entendu et compris, nous proposons un contenu et une manière plus ou moins audacieuse de le dispenser.
FAUX : La formation n’est pas prête à commencer. Il faut bien comprendre que la finalité de ces formations est d’instiller du changement, de la transformation. Il n’y a pas de “version test”, nous devons maîtriser tous les paramètres. On ne joue pas avec l’humain.

 

  • Passez-vous en revue chaque détail ? VRAI

Si emlyon business school propose un business game par exemple, nous discutons avec le client du pourquoi et du comment. Tout contenu est passé au crible. On revalide tout, ensemble. On ajuste. On propose des alternatives pédagogiques et on explique les différences en terme d’impact. On arbitre ensemble. L’implication du
client est un gage de performance de la formation. Il n’y a pas une demande de leur part et une réponse de la nôtre. Nous détenons chacun une partie de la réponse.

 

  • Ensuite on ne touche plus à rien, et on lance le projet de formation sur-mesure. C’est la fin des rebondissements ? VRAI

En principe oui. Mais parfois, la tentation est grande d’ajouter des petits plus en passant. “Deux grammes d’innovation ne feraient pas de mal dans tout ce leadership, non ?” Il faut savoir garder le cap et se préserver de la dispersion pour maintenir la cohérence. Renoncer parfois à certains pans pour en conforter d’autres. On doit être sélectif et parfois convaincre nos interlocuteurs.

 

Et ensuite, la formation est bouclée. PRESQUE ! Le diable se cache dans les détails. Un participant doit arriver frais et dispos avec une vraie envie, ne pas être pollué par la logistique. Et cela ne doit rien au hasard ! L’ingénierie pédagogique est la partie émergée de l’iceberg. Les responsables formation savent qu’une part de la réussite porte sur la qualité de l’ingénierie logistique. Notre accompagnement va jusque-là. Ça aussi ça se maîtrise.